Le Haut-Commissariat au Plan a publié les premiers résultats de l’EMO 2026, une nouvelle enquête sur le marché du travail qui remplace l’ancienne Enquête nationale sur l’emploi. Au premier trimestre 2026, le HCP mesure un taux de chômage strict de 10,8 %. Mais ce chiffre n’est qu’une partie du diagnostic : d’autres indicateurs décrivent la main-d’œuvre potentielle et la sous-utilisation du travail.
Pourquoi la nouvelle enquête change la lecture
L’EMO 2026 introduit une méthodologie renouvelée. Le HCP avertit que ses résultats ne sont pas directement comparables aux anciennes séries de l’ENE. Comparer un taux de 2026 à un taux antérieur comme s’il s’agissait de la même règle de mesure peut donc produire une conclusion trompeuse.
Au premier trimestre 2026, la population en âge de travailler est estimée à 27,8 millions de personnes et le taux d’activité à 41,8 %. Le taux de chômage strict atteint 10,8 %. Lorsqu’on ajoute la main-d’œuvre potentielle, l’indicateur combiné atteint 17,1 %. La mesure composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre atteint 22,5 %.
L’EMO 2026 introduit une nouvelle enquête : les résultats ne doivent pas être collés mécaniquement aux anciennes séries.
Quatre notions à distinguer
- Emploi : personnes qui ont exercé une activité selon les critères de l’enquête.
- Chômage strict : personnes sans emploi qui répondent aux conditions statistiques de recherche et de disponibilité.
- Main-d’œuvre potentielle : personnes proches du marché du travail, mais qui ne remplissent pas toutes les conditions du chômage strict.
- Sous-utilisation : lecture plus large intégrant plusieurs formes d’insuffisance du travail disponible.
Ces indicateurs ne se contredisent pas. Ils observent des périmètres différents. Le chômage strict répond à une définition précise ; la sous-utilisation cherche à montrer une pression plus large que ce seul groupe.
Ce que révèlent les écarts entre femmes et hommes
Le HCP estime l’indicateur combinant chômage strict et main-d’œuvre potentielle à 27,9 % chez les femmes, contre 13,9 % chez les hommes. Cet écart rappelle que l’absence de recherche active ne signifie pas automatiquement absence de volonté de travailler. Mobilité, responsabilités familiales, découragement et accès à l’information peuvent éloigner une personne des démarches reconnues par l’indicateur strict.
Pour l’action publique comme pour l’accompagnement individuel, la question n’est donc pas seulement « avez-vous envoyé des candidatures ? », mais aussi « qu’est-ce qui empêche aujourd’hui une recherche disponible et régulière ? ».
Le diagnostic devient utile lorsqu’il conduit à une action adaptée au profil et au territoire.
Transformer un chiffre national en stratégie personnelle
Un taux national ne dit pas quelles entreprises recrutent dans votre ville ni quelles compétences vous manquent. Utilisez les statistiques pour comprendre le contexte, puis revenez à des preuves locales : annonces actives, métiers présents, salaires proposés, contrats, langues et outils demandés.
- Choisissez un métier et une zone géographique réalistes.
- Analysez au moins dix annonces ou fiches métier récentes.
- Classez les écarts entre compétence acquise, compétence à prouver et compétence à développer.
- Planifiez chaque semaine des candidatures ciblées, une amélioration de profil et une prise de contact.
Si vous débutez, consultez aussi le guide emploi sans expérience au Maroc. Une petite réalisation documentée peut rendre une compétence beaucoup plus crédible qu’une formule générale.
Les erreurs de lecture à éviter
- Comparer directement l’EMO 2026 à l’ancienne série sans mentionner la rupture méthodologique.
- Présenter 22,5 % comme le taux de chômage strict : il s’agit d’un indicateur composite plus large.
- Déduire d’un chiffre national qu’aucune opportunité n’existe dans un métier ou une ville.
- Confondre l’absence de recherche active avec l’absence de besoin d’accompagnement.
Questions fréquentes
Quel est le taux de chômage strict au premier trimestre 2026 ?
Le HCP le chiffre à 10,8 % avec la nouvelle EMO 2026.
Pourquoi voit-on aussi 17,1 % et 22,5 % ?
17,1 % combine chômage strict et main-d’œuvre potentielle. 22,5 % correspond à une mesure composite plus large de sous-utilisation.
Peut-on comparer ces chiffres aux années précédentes ?
Pas directement. Le HCP signale que la nouvelle enquête remplace l’ENE et produit une rupture de comparabilité.
Sources officielles
Informations vérifiées le 15 août 2026.
Passez du contexte aux opportunités
Filtrez les annonces par ville, métier et secteur au lieu de vous arrêter à un taux national.

Discussion du guide
Une question ou une expérience à partager ?
À propos de « Chômage au Maroc en 2026 : comprendre les nouveaux chiffres du HCP » : posez une question, partagez un exemple concret ou votez pour la contribution la plus utile.